Bismillehi Ar Rahmani Ar Rahim

shawwal

Que les Prières et le Salut d'Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

D'après Mouslim, selon un hadîth rapporté par Aboû Ayyoûb el-Ansârî (ra diya Allahou `anhou), le Prophète a déclaré : « Quiconque jeûne le mois de Ramadân auquel il fait suivre six jours de Shawwâl, c'est comme s'il jeûnait sans cesse (toute l'année) » [1]. Certains anciens ont ainsi encouragé à jeûner six jours au cours du mois suivant le Ramadân, mais ils se divisent en trois opinionsconcernant la façon de les accomplir.

Arrow Les uns assument qu'ils faillent les faire sans les séparer, dès le début du mois.

Arrow Pour les autres, ils n'y a aucune différence entre les faire ensemble ou bien de les répartir à travers tout le mois.

Arrow Selon les partisans de la troisième tendance enfin, il ne faut pas les attaquer tout de suite après l'Aïd étant donné que les fidèles consacrent les premiers jours de la nouvelle lune à boire et à manger. Il est possible toutefois de les faire trois jours avant ou bien après la pleine lune.

Au demeurant, cette tendance est la plus singulière. La plupart des savants en effet, ne voient pas d'inconvénient à ce que l'on jeûne le lendemain de l'Aïd. Quand à jeûner Chawwâl en entier, il faut savoir que ce mois jouit des mêmes mérites que celui de Cha`bân car ils sont les deux mois qui entourent celui du Siyâm. Apparemment, il y a plus de mérite à jeûner durant ces deux périodes que durant celles des mois sacrés.

Or, jeûner tout le Rama dân auquel on ajoute six jours de Chawwâl équivaut à jeûner toute l'année étant donné qu'une seule récompense en vaut dix comme nous l'explique le hadîth de Thawbân, et selon lequel le Prophète sas souligne : « Faire le Ramadân équivaut à dix mois de jeûne et faire six jours ensuite équivaut à deux mois de jeûne ; cela correspond à jeûner une année entière » [2]. En outre, il y a plusieurs avantages à jeûner chaque année les six jours de Chawwâl dont notamment :

- Ces six jours effectués en plus du mois des jeuneurs permettent de jouir d'une récompense équivalente à une année entière de jeûne comme nous l'avons vue.

- Le jeûne pendant Cha`bân et Chawwâl est comparable aux prières surérogatoires rattachées à l'office (Sunan Rawâtib). Il permet de compenser les carences et les erreurs qui ont eu lieu au cours du mois prescrit. Les actions obligations sont renforcées ainsi le Jour de la Résurrection par les actions bénévoles.

- Ces six fameux jours sont le signe que le Siyâm fut accepté par Allah offrant à Son serviteur de faire suivre une bonne action par une autre. Comme certains anciens le disent, la récompense d'une bonne action c'est de la faire suivre par une bonne action. Faire suivre une bonne action par une autre est le signe que la première fut acceptée de la même façon qu'une mauvaise action effectuée après une bonne action est le signe que celle-ci fut refusée.

- Prendre l'habitude de jeûner six jours après l'Aïd, qui correspond au jour où les récompenses sont distribuées aux jeûneurs, c'est une façon de remercier le Seigneur (soubhânahou wa ta`âla) pour avoir concéder à Ses serviteurs une telle faveur. C'est pourquoi, Allah (soub hânahou wa ta`âla) ordonne aux fidèles de l'évoquer ouvertement le jour de l'Aïd, par reconnaissance envers Lui, à travers le Verset : (Afin que vous finissiez ses jours et que vous proclamiez la grandeur d'Allah ; ainsi serez-vous reconnaissants) [3]. A travers six jours de jeûne, le fidèle exprime sa gratitude envers Son Seigneur pour lui avoir permis de faire le jeûne, l'avoir aider à le faire en entier, et lui avoir pardonner ses péchés.

Si tu ne fais pas suivre tout bienfait de Ton Seigneur
Par une bonne œuvre, alors tu n'es pas reconnaissant



L'individu doit remercier Allah pour lui avoir offert de jouir d'un bienfait terrestre ou spirituel. Cet acte de reconnaissance lui-même dont il fait preuve nécessite un autre acte de reconnaissance car c'est Allah qui lui a concédé de le faire. Cette reconnaissance entre dans un cycle sans fin qui nous oblige à reconnaître notre incapacité à remercier le Tout-Puissant comme il se doit, pour Lui être ainsi reconnaissant, comme le dit le poète :

Si reconnaître Son bienfait est un autre bienfait
Je me dois donc pour cela le remercier
Car si ce n'était Sa faveur, comment le remercier
Au cours de toute une vie et de longues années



Par contre, sombrer dans les péchés après le Ramadân en retour au bienfait d'avoir pu jeûner, c'est une façon de renier les bienfaits d'Allah. L'individu qui projette de revenir à ses mauvaises habitudes une fois le mois terminé, verra son Siyâm lui refuser et verra les portes de la Miséricorde lui fermer au nez.

Les dévotions dont le fidèle fait preuve au cours du Siyâm ne doivent pas s'achever à la fin du mois mais elles doivent se prolonger jusqu'au dernier souffle de vie. Malheureusement, bon nombre de gens attendent avec bonheur la fin du mois bénit qui commence à leur peser et devenir long. Il est certain qu'un tel sentiment n'invite pas à replonger aussitôt dans ce rituel. Tandis que celui qui retrouve avec entrain la joie de son abstinence tout de suite après l'Aïd, démontre qu'il ne se lasse jamais d'adore Dieu à travers cette abstinence. « Certains gens redoublent d'efforts dans l'adoration pendant le Ramadân fit-on remarquer à Bishr !
- Quels mauvais gens sont-ils ! S'exclama-t-il, ils ne connaissent vraiment Allah que pendant le Ramadân ! Le vertueux, c'est celui qui se voue à l'adoration et qui fait des efforts toute l'année. »

Par ailleurs, il faut d'abord récupérer ses jours manquants du Ramadân avant d'attaquer les six jours de Chawwâl qui sont surérogatoires, car il vaut mieux se décharger de ses dettes le plus tôt possible d'autant plus que celles-ci ont un caractère plus important. Les savants ont des avis différents au sujet de savoir s'il est autorisé de faire précéder des jours de jeûne bénévoles à ses dettes du Ramadân. Même dans la mesure où cela soit autorisé, l'intérêt à jeûner les six jours de Chawwâl, c'est de les faire après avoir terminé le mois bénit en entier. Ainsi, la récompense prévue pour ces six jours concerne celui qui a consacré tout le mois précédent au jeûne. Pour celui qui aurait manqué certains jours –indépendamment du fait qu'il soit excusable – il n'aura pas une récompense équivalente à une année de jeûne s'il ne les récupère pas avant d'entamer le jeûne spécifique à Chawwâl. Le mieux, c'est donc de consacrer les six jours de Chawwâl après avoir récupéré tous ses jours manquants afin de se voir concerner par la récompense prévue envers celui qui effectue tout le Ramadân, et auquel il fait suivre six jours surérogatoires.

Le fidèle est en perpétuelle dévotion jusqu'à ses derniers instants. Selon el Hasan, Allah n'a fixé aucun terme à l'adoration en dehors de la mort, il s'est inspiré ensuite du Verset suivant : (et adore Ton Seigneur jusqu'à ce que te vienne la conviction) [4]. Ainsi, les années, les mois, les jours et les nuits sont des repères qui parcourt le temps et qui fixent les bonnes œuvres mais les années s'écoulent vite et le temps met un terme à toute chose en dehors de Celui qui l'a créé et qui a consacré certains mérites à certains périodes de l'année car Il est l'Eternel qui ne peut périr. Il est le Dieu des hommes à tous les instants, Il surveille et Il est Le témoin des œuvres de Ses créatures. Gloire à Celui qui a offert à Ses serviteurs diverses occasions pour Le servir et dans le but de les envelopper de Ses bienfaits immenses grâce à une générosité qui Lui est infinie.

Après en avoir terminé avec ses trois nobles mois dont le premier est le mois sacré de Radjab, et dont le dernier est le mois du Siyâm, l'adorateur se tourne vers une nouvelle aventure non moins palpitante, qui se concrétise à travers le Hadj. Le fidèle passe ainsi d'une saison à l'autre pour se consacrer aux divers rituels qui lui sont prescrits ; il évolue ainsi dans une atmosphère de dévotion qui lui permet de se rapprocher de Son Maître par son cœur qui baigne entre la crainte et l'espoir. L'amant ne le lasse jamais de se dévouer à Son Maître à travers des actes bénévoles et n'a d'autre ambition que d'obtenir Sa satisfaction.

L'amant ne veut rien d'autre que plaire à son Bien-aimé
Et il se soumet ainsi à tous les dévouements


Une bonne action qui vient après une mauvaise l'efface, une bonne action qui suit une bonne action c'est encore mieux, alors qu'il est exécrable d'effacer une bonne action par une mauvaise. Un seul péché après le repentir est pire que soixante dix péchés avant car la rechute susceptible d'entraîner la mort, est pire que la maladie elle-même.

Jeunesse repentante ! Il ne faut plus prendre le sein des passions après le sevrage car le sein est bon pour les enfants non pour les hommes. Il faut simplement supporter la période difficile du sevrage. En passant cette éprouve, vous trouverez que la saveur de la foi est plus succulente que les passions car Allah rend en mieux à quiconque sacrifie une chose pour Son Visage : (Si Allah voit un bien dans vos cœurs, Il vous donnera une meilleure chose que celle qui vous a été enlevée et vous pardonnera vos péchés) [5]. Mais ce discours s'adresse aux jeunes ! Quant au vieil homme qui replonge dans la faute à la fin du Ramadân, sa situation est bien plus grave car un jeune espère toujours se repentir à la fin de sa vie, bien qu'il ne soit pas à l'abri de se faire surprendre par la mort. De sa barque, un vieil homme voit déjà la berge de l'île funeste qui l'attend au loin, en quoi peut-il alors reposer ses espoirs !

Que les Prières et le Salut d'Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

Extraits de : Latâif el Ma'ârif fîmâ el 'Am min el Wazhâif d'ibn Rajab.



[1] Rapporté par Muslim (1163), e-Tirmidhî (759), et Abû Dâwûd (2433).
[2] Rapporté par Ahmed dans son Musnad (5/280) et ibn Hibbân dans e-Sahîh (5/288) ; Sheïkh el Albânî l'a mentionné dans Sahîh e-Jâmi' e-Saghîr (3851).
[3] Coran : La vache ; 185
[4] Coran : el-Hijr ; 99

source :http://dourous.free.fr   Tirée du forum: http://apprentissage-islam.realbb.net