Cheikh Mohammed Al-Albani 


Abou HouReïRa (ra) a rapporté que le prophète (صلى الله عليه و سلم ) a dit: 
"Jeûnez quand ils jeûnent, rompez le jeûne quand ils rompent le leur et sacrifiez le jour où ils sacrifient."
Rapporté par AttiRmidhi
 

Al-Bayhaqi rapporte d'après Abû Hanifa, qui a dit : 
"Ali ibn Al-Aqmar m’a rapporté, de Masruq, qui a dit : 
"Je suis entré chez Aïsha le jour de 'Arafat, et elle a dit : 
"Servez à Masruq du gruau et faites-le plus doux."
Masruq a dit :
"Rien ne m'a empêché de jeûner ce jour si ce n’est que j'ai craint que cela puisse être le jour du Sacrifice."
Ainsi, Aïsha m'a dit : "Le jour du Sacrifice vient lorsque les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens finissent leur jeûne."

Cette chaîne de narration est jayid (bonne) en raison de ce qui a précédé.

Compréhension du Hadith de l'Imam AttiRmidhi

L’imam AttiRmidhi dit après avoir cité ce hadith : 
"Quelqu’un parmi les gens de science a expliqué ce hadith en disant : Son sens est de jeûner et de rompre le jeûne avec la Jama 3a et la majorité des gens."

As-San'ani dit dans Subulus-Salam : 
"Dans ce hadith est une preuve qu’être en accord avec les gens est accepté dans l'établissement du jour du 3aid et que la personne seule qui croit que c'est le jour du 3aid – par la vision de la lune - alors il lui est obligatoire d’être en accord avec les gens et que la décision des gens - concernant la prière, la rupture du jeûne et le sacrifice - est obligatoire sur la personne."

Ibn Al-Qayim a mentionné cette signification dans Tahdhibus-Sunan et a dit : 
"Il est dit : Il y a en cela une réfutation de ceux qui disent que quiconque connaît les positions de la lune par les calculs astronomiques, alors il lui est permis de jeûner et de rompre le jeûne, même si d'autres ne le savent pas. Il est aussi dit : que le témoin seul qui voit la lune, mais dont le juge (AlQadi) n'a pas accepté le témoignage, alors il n’y a pas de jeûne pour lui, de même qu'il n'y a aucun jeûne pour les gens."

Abul-Hasan As-Sindi dit dans Hashiya 'ala Ibn Majah, après la mention du hadith d'Abou HouReïRa qui a été rapporté par At-Tirmidhi : 
"Et son sens apparent est : qu'il n'y a pas de place pour l’opinion individuelle dans ces questions, ni pour agir seul en cela. Plutôt cette affaire revient à l'imam (le gouverneur des musulmans) et la Jama 3a (le groupe des musulmans sous l’imam). Il obligatoire aux gens de suivre l'imam et la Jama 3a. C’est pourquoi, si un homme seul voit la lune, mais que le qadi rejette son témoignage, alors l'individu n'a aucun droit en ces questions, mais il doit suivre la Jama 3a en cela."

Et ceci est le sens évident du hadith et qui est souligné par le fait que 'Aisha (ra) l'a employé avec Masruq quand il s'est retenu de jeûner le jour de 'Arafat, craignant que cela puisse être le jour du Sacrifice. Donc elle lui a expliqué qu'il n'y a aucun poids pour son avis personnel en cela et qu'il doit suivre la Jama 3a. Donc elle lui a dit : 
"Le jour du Sacrifice vient quand les gens sacrifient et le jour de la rupture quand les gens rompent leur jeûne."

Et c'est ce qui convient à la Shari'a facile et tolérante, dont l’un des buts est d’unir les gens, unifier leurs rangs et tenir loin d'eux tout ce qui fendrait leur unité complète – parmi les avis isolés. Donc la Shari'a ne donne pas de poids à l'avis isolé dans des questions concernant les actes collectifs d'adoration ('ibada jama'iya), comme le jeûne, le 3aid et la prière en congrégation - même si l'avis est correct, d’un point de vue.
Ne voyez-vous pas que les compagnons (ra) priaient l'un derrière l'autre. Ainsi, parmi eux, certains ont tenu l’avis que le toucher d'une femme, ou l’écoulement de sang annulait les ablutions, et d’autres n’ont pas tenu cet avis. Parmi eux, certains complétaient la prière pendant le voyage, alors que d'autres raccourcissaient. Ceci et d'autres différences, ne les ont pas empêchés de prier ensemble derrière un même imam et de considérer cela acceptable. Et ceci, parce qu'ils savaient que la division dans la religion est plus mauvaise que la divergence sur quelques avis. En effet, la question avec l’un d'entre eux a atteint le point qu'il ne considérait pas même acceptable la divergence d'avis avec le grand imam dans les grandes réunions; comme la réunion à Mina (pendant le Hajj), au point qu'il abandonnait totalement la pratique de son avis dans cette réunion - fuyant ce qui pourrait résulter de ce mal, s’il agissait selon son propre avis.

Ainsi, Abû Dawud rapporte que 'Uthman (ra) a prié quatre unités de prières (rak3a) à Mina. Abdullah ibn Mas3oud l’a critiqué en disant : "
J'ai prié deux rak3a avec le prophète (صلى الله عليه و سلم ) et deux rak3a avec Abû Bakr et deux rak3a avec 'Umar et deux rak3a avec 'Uthman au début de son commandement, puis il l'a complétée (c'est-à-dire en priant quatre rak3a). Après cela les voies se sont divisées avec vous tous. Donc j'espère de ces quatre rak3a, que deux d'entre elles seront acceptées."
Puis, Ibn Mas3oud a prié quatre rak3a. Donc on lui a dit :
"Tu critiques 'Uthman, et tu pries quatre ?" 
Donc il a dit : 
"La divergence est mauvaise."
La chaîne de narration de ce récit est authentique et un récit semblable a été rapporté dans le Mousnad de l'imam Ahmad, d'après Abû Dharr (ra).

Donc ceux qui continuent à se diviser en ce qui concerne la prière et refusent de suivre les imams dans les mosquées - particulièrement dans la prière du witr (dernière unité de prière du TaRaweeh) pendant Ramadan – donnant comme preuve que c’est contre leur madhab, doivent réfléchir sur le hadith mentionné ci-dessus.
De même, ceux qui revendiquent la connaissance de l'astronomie et qui, en raison de leur avis, jeûnent et rompent leur jeûne seuls – en précédant ou retardant de la majorité des musulmans, et ne voient aucun problème en cela – doivent aussi réfléchir sur les preuves précédemment citées. Tous doivent considérer et réfléchir sur la science qui a été mentionnée. Peut-être trouveront-ils un remède à leur ignorance et aveuglement, pour qu'ils soient un rang unifié avec leurs frères musulmans - en effet la Main d'Allah est avec la Jama 3a.